Saignement de nez la nuit : causes, solutions et prévention

Vous vous réveillez avec du sang sur l’oreiller, ou vous sentez un écoulement chaud au milieu de la nuit ? Ces saignements de nez nocturnes sont impressionnants, surtout la première fois. Je l’ai vécu avec Sasha pendant un hiver très sec, et à la crèche, plusieurs parents m’en ont parlé, inquiets, en déposant leur enfant le matin.

La bonne nouvelle, c’est que dans la grande majorité des cas, un saignement de nez la nuit n’a rien de grave. Voici pourquoi il survient, le geste qui l’arrête vraiment, comment l’éviter, et les situations où il faut consulter.

Chambre à coucher paisible la nuit avec humidificateur pour prévenir les saignements de nez
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Saignement de nez la nuit : l'essentiel

Le plus souvent, c'est l'air sec de la chambre qui fragilise les petits vaisseaux à l'avant du nez. Pour l'arrêter : assis, tête penchée en avant, narines pincées 10 minutes sans relâcher. Jamais la tête en arrière.

  • Cause la plus fréquente : chauffage et air sec, surtout en hiver
  • Au réveil : la muqueuse s'est desséchée pendant la nuit, une croûte se décolle
  • Prévention : 40 à 60 % d'humidité dans la chambre, sérum physiologique le soir
  • Urgences : si ça saigne encore après 20 minutes de pression
  • Consulter : saignements répétés, traitement anticoagulant, bleus faciles

Source : ameli.fr, fiche épistaxis

Repérez votre situation : ouvrez celle qui vous ressemble.

Ça arrive surtout l'hiver, chauffage allumé

C'est le cas le plus courant. Humidifier la chambre et hydrater le nez le soir suffit souvent à tout arrêter.

Je saigne surtout au réveil, en me mouchant

La muqueuse s'est desséchée pendant la nuit et une petite croûte se décolle. Mouchez-vous doucement, une narine à la fois, et hydratez le nez le soir.

C'est mon enfant qui saigne la nuit

Très fréquent entre 2 et 10 ans, souvent à cause du grattage et de l'air sec. Parlez-en au pédiatre si c'est plusieurs fois par semaine.

Je prends un anticoagulant ou de l'aspirine

Les saignements durent plus longtemps. Signalez-les à votre médecin s'ils se répètent, et n'arrêtez jamais un traitement de vous-même.

L’intérieur du nez est tapissé d’une muqueuse très fine, parcourue de nombreux petits vaisseaux. La plupart des saignements viennent de la partie avant de la cloison nasale, une zone où ces vaisseaux affleurent juste sous la surface. Quand la muqueuse se dessèche ou s’irrite, ils se rompent au moindre frottement.

L’air sec reste la cause numéro un. En hiver, le chauffage assèche l’air de la chambre, et la muqueuse se déshydrate au fil de la nuit. C’est aussi pour cela qu’on saigne souvent au réveil : en se mouchant le matin, on décolle une petite croûte formée pendant la nuit. À la crèche, les parents m’en parlent surtout en hiver, dès que les radiateurs tournent.

Le grattage et le mouchage jouent beaucoup, surtout chez les enfants, qui se grattent le nez en dormant sans s’en rendre compte. Un rhume, une rhinite ou des allergies entretiennent l’inflammation et fragilisent les vaisseaux. Les sprays nasaux à base de corticoïdes, utilisés longtemps, peuvent aussi favoriser de petits saignements.

Certains médicaments allongent la durée du saignement : les anticoagulants, l’aspirine prise régulièrement et d’autres traitements qui fluidifient le sang. Plus rarement, un trouble de la coagulation, une malformation des vaisseaux ou une anomalie du nez peuvent être en cause. C’est ce qu’un bilan permet d’écarter quand les saignements se répètent.

Mon conseil : notez à quel moment de l'année vos saignements surviennent. S'ils reviennent chaque hiver, ou pendant les pics d'allergie au printemps, vous tenez très probablement votre explication, et votre piste de prévention.

Les saignements de nez la nuit sont-ils dangereux ?

Dans l’immense majorité des cas, un saignement de nez nocturne n’a rien d’inquiétant. Quand Sasha a eu son premier épisode, j’avoue avoir eu un moment de panique en découvrant son oreiller. Le sang se mélange à la salive et s’étale sur le tissu : la quantité paraît toujours bien plus importante qu’elle ne l’est.

Certains signaux doivent en revanche vous faire consulter : des saignements fréquents, plusieurs fois par semaine, un saignement qui ne s’arrête pas après 20 minutes de pression continue, ou des saignements accompagnés de vertiges, d’une grande fatigue, de bleus qui apparaissent facilement ou de gencives qui saignent au brossage.

Si vous prenez un anticoagulant, des saignements répétés justifient d’en parler à votre médecin. Même chose si vous avez des antécédents de trouble de la coagulation.

SituationQue faire
Saignement isolé, arrêté par la compressionRien de plus, sinon la prévention
Plus de 20 minutes malgré la compressionUrgences
Après un choc sur le nez ou la têteUrgences
Malaise, vertiges, sang avalé en quantitéUrgences, ou le 15
Plusieurs fois par semaineMédecin traitant
Sous anticoagulant, saignements répétésMédecin traitant, sans arrêter le traitement
Enfant, épisodes répétés ou bleus facilesPédiatre

Chez les enfants, les saignements de nez sont très courants entre 2 et 10 ans. Leur muqueuse est fragile, et ils se grattent souvent le nez en dormant. Tant que l’épisode reste occasionnel, pas d’inquiétude. S’il se répète plusieurs fois par semaine, parlez-en à votre pédiatre : les pédiatres de l’AFPA expliquent sur mpedia.fr comment ils traitent ces saignements à répétition chez le jeune enfant.

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Comment arrêter un saignement de nez la nuit ?

Le bon réflexe fait toute la différence. Voici les gestes recommandés par l’Assurance maladie et par Santé.fr, les mêmes que ceux enseignés en formation aux premiers secours par la Croix-Rouge.

  • Asseyez-vous dans le lit, ou levez-vous. Ne restez pas allongé : le sang coulerait dans la gorge, et l’avaler donne des nausées.
  • Penchez légèrement la tête en avant, en respirant par la bouche. On a tous appris enfant à basculer la tête en arrière : c’est justement ce qu’il ne faut pas faire.
  • Mouchez-vous une fois, doucement, pour évacuer les caillots qui empêcheraient de bien comprimer.
  • Pincez les narines juste sous la partie osseuse du nez, entre le pouce et l’index, pendant 10 minutes, sans relâcher. Si vous vérifiez toutes les deux minutes, le caillot n’a pas le temps de se former.
  • Si ça reprend, recommencez à pincer pendant cinq minutes, et évitez de vous moucher dans les heures qui suivent.

Un linge froid posé sur l’arête du nez peut aider, mais c’est la compression qui fait l’essentiel. Chez nous, je garde un petit pack réfrigérant au congélateur pour ces nuits-là.

Si le saignement dure encore après 20 minutes de compression continue, allez aux urgences. Même chose s’il fait suite à un choc sur le nez, si vous vous sentez faible ou étourdi, si vous avalez beaucoup de sang, ou s’il est très abondant alors que vous prenez un anticoagulant.

Mon conseil : une fois le saignement arrêté, évitez de vous moucher pendant plusieurs heures, et en tout cas ne vous mouchez pas fort. Vous risqueriez de décoller le caillot et de tout recommencer.

Comment prévenir les saignements de nez nocturnes ?

La prévention est ce qui change le plus la donne. Humidifier la chambre vient en premier : visez une humidité relative entre 40 et 60 %, qu’un petit hygromètre à quelques euros permet de vérifier. J’en parle aussi dans mon article sur la température idéale de la chambre, car les deux réglages vont ensemble. Depuis que nous avons mis un humidificateur dans la chambre de Sasha, les épisodes sont devenus rares.

Sans appareil, des solutions simples aident déjà :

  • un bol d’eau posé près du radiateur ;
  • du linge qui sèche dans la chambre ;
  • un chauffage un peu moins fort la nuit.

Hydrater le nez le soir compte aussi : quelques pulvérisations d’eau de mer ou de sérum physiologique avant le coucher gardent la muqueuse souple. Si les saignements reviennent souvent, votre médecin ou votre pharmacien peut aussi vous conseiller une pommade à appliquer à l’entrée des narines.

Côté habitudes, limitez le grattage. Chez l’enfant, coupez les ongles courts et vérifiez qu’une allergie ne le fait pas se gratter la nuit. Mouchez-vous doucement, une narine à la fois. Et si vous prenez régulièrement de l’aspirine ou des anti-inflammatoires, parlez-en à votre médecin : ne modifiez jamais un traitement vous-même.

En période d’allergie, un traitement adapté limite l’inflammation du nez, et donc les saignements. Un allergologue peut vous aider si les symptômes perturbent vos nuits.

Quand le saignement cache quelque chose de plus sérieux

Je ne veux pas vous inquiéter inutilement, mais certaines situations méritent un vrai suivi. Si vos saignements deviennent hebdomadaires, voire quotidiens, il faut en chercher la cause.

La tension. On lit souvent qu’une hypertension se révèle par des saignements de nez. En réalité, l’hypertension ne donne le plus souvent aucun symptôme, et le lien avec les saignements de nez reste discuté : une revue des études publiée en 2014 conclut à une association possible, sans pouvoir dire que l’une cause l’autre. Faire mesurer sa tension quand les saignements se répètent reste pourtant une bonne idée, puisque c’est simple et que l’hypertension mérite d’être dépistée pour elle-même.

La coagulation. Des bleus qui apparaissent facilement, des gencives qui saignent au brossage, de petites coupures qui mettent longtemps à s’arrêter : si vous cochez plusieurs cases, parlez-en à votre médecin. Une prise de sang permet d’écarter un trouble de la coagulation.

La grossesse. Les saignements de nez y sont fréquents, à cause des changements hormonaux et de l’augmentation du volume sanguin. C’est le plus souvent sans gravité, mais bon à signaler lors d’une consultation prénatale.

Ce que votre médecin peut faire

Si vous consultez pour des saignements de nez répétés, votre médecin commencera par examiner l’intérieur de votre nez, à la recherche d’un vaisseau fragile, d’une irritation ou d’une déviation de la cloison. Un vaisseau qui saigne souvent peut être cautérisé, un geste rapide qui règle souvent le problème.

Il pourra aussi prescrire une prise de sang pour vérifier la coagulation et écarter une anémie, et contrôler votre tension. Si vous êtes sous anticoagulant, il verra si le traitement doit être ajusté.

Une consultation chez un ORL est utile si les saignements sont abondants, ou s’ils viennent toujours du même côté. Un examen avec une petite caméra permet alors de voir l’intérieur du nez plus en profondeur.

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Questions fréquentes sur les saignements de nez la nuit

Pourquoi ai-je souvent le nez qui saigne la nuit ?

Le plus souvent à cause de l'air sec de la chambre, surtout en hiver avec le chauffage, qui fragilise les petits vaisseaux à l'avant du nez. Les rhumes, les allergies, le grattage pendant le sommeil et certains médicaments qui fluidifient le sang favorisent aussi ces épisodes.

Pourquoi saigne-t-on du nez au réveil ?

Pendant la nuit, la muqueuse du nez se dessèche et une petite croûte se forme. En se mouchant le matin, on la décolle et le vaisseau se remet à saigner. Humidifier la chambre et hydrater le nez le soir limite ces saignements du matin.

Comment arrêter un saignement de nez la nuit ?

Asseyez-vous, penchez la tête légèrement en avant, mouchez-vous une fois doucement puis pincez les narines sous la partie osseuse du nez pendant 10 minutes sans relâcher. Ne penchez jamais la tête en arrière. Si ça saigne encore après 20 minutes, allez aux urgences.

Les saignements de nez la nuit sont-ils liés à l'hypertension ?

Le lien est discuté : l'hypertension ne donne le plus souvent aucun symptôme. Faire contrôler sa tension quand les saignements se répètent reste utile, mais un saignement de nez isolé ne signifie pas qu'on est hypertendu.

Un enfant qui saigne du nez la nuit, faut-il s'inquiéter ?

Rarement. Les saignements de nez sont très fréquents entre 2 et 10 ans, à cause de l'air sec et du grattage pendant le sommeil. Consultez le pédiatre s'ils se répètent plusieurs fois par semaine, s'ils durent longtemps ou si l'enfant a aussi des bleus faciles.

Certains médicaments favorisent-ils les saignements de nez ?

Oui : les anticoagulants, l'aspirine prise régulièrement, certains anti-inflammatoires et les sprays nasaux aux corticoïdes utilisés longtemps. Si vos saignements deviennent fréquents sous traitement, parlez-en à votre médecin, sans jamais l'arrêter vous-même.

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